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Trust me, I'm a doctor. [Terminé]

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Esteban Rothgrüber
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08.04.16 0:57
Esteban Rothgrüber
E T A T • C I V I L
Nom × Rothgrüber
Prénom(s) × Esteban
Date de naissance × 6 février 2180
Sexe × Masculin
Nationalité × Américaine
Origines × Biélorusse
Statut civil × Célibataire
Métier × Scientifique - EE ; Légiste
Domicile × Un appartement modeste, à la frontière des quartiers populaires.
Famille × Phear I. Rhothgrüber - Cousin
P O R T R A I T • R O B O T

Taille 1m74
Poids et corpulence 69kg - Normale
Couleur de peau Légèrement basanée
Couleur des yeux Gris
Couleur des cheveux Ébènes
Style vestimentaire
Simple, dans les tons foncés. Sauf éventuellement son pull fétiche, jaune poussin, aux motifs étranges.
Signes particuliers
A constamment des sucettes à la cerise sur lui.
Porte des lunettes lorsqu'il travaille.
A au creux de son poignet gauche, un tatouage représentant un crâne mexicain dans les teintes bleues.
A ce tatouage dans le dos:
Spoiler:
 
P R O F I L • P S Y C H O L O G I Q U E

Je suis
Misanthrope - Passionné - Possessif - Gourmand - Apathique - Faible devant les chatons - Patient - Observateur - Virulent - Indélicat - Indifférent - Borné - Maladroit dans les relations humaines vivantes - Fidèle - Occasionnellement autoritaire - Sceptique - Pas curieux dans l'homme, sauf quand il est mort - Détaché - Cynique - Égoïste - Rempli de tics - Pro des aiguilles - Bordélique en dehors de la morgue - Maîtrisant l'autodéfense.
Les evolves
La question porte quand ils sont morts ou quand ils sont encore en vie ?
Les erasers
Des brutes... Qui lui donne parfois vraiment trop de travail.
Les scientifiques
Des collègues. Parfois complètement tarés. Parfois trop dans le moule. Des pantins. Comme lui.
A N T E C E D E N T S

Esteban. Rothgrüber. Voilà mon identité. Un nom et un prénom. Rien de plus, rien de moins. Comme à peu près tous les gens qui vivent sur terre. Ma première relation sur le long terme, mon couple primo qui me permet d'être différencié des Autres. Une liaison, à la vie et à la mort, pour l'infini et au-delà. Parfois, il arrive qu'on oublie certaines de ces associations. Pas tout le temps parce que c'est voulu, mais parce que des fois, c'est tellement banal, voir similaire, qu'on ne prête plus attention à ce genre de détails. Y en a qui ont plus de deux noms ; c'est le cas de mon cousin, celui qui est devenu militaire et qui pète régulièrement des câbles. « Innocent » que ses parents lui ont donné comme deuxième prénom. La blague... Y en a qui en ont des vraiment ridicules ; comme... Comme certains de mes clients. Désolé. J'en dirais pas plus. J'invoque le secret professionnel, c'est comme ça qu'on dit ? Et puis y en a, qui collent pas du tout avec leur nom de famille ou le boulot dans lequel ils avaient décidé de se jeter corps et âme ; comme mes autres cousins, les jumeaux Kovalevski... Leto et Ruben... Vraiment mignons ces gosses. À chaque fois, j'ai l'angoisse de les retrouver dans l'un de mes frigos. Puis bon, y a aussi une autre catégorie de personne : celles qui ont leur destin dans leur identité. Celles-là, je les adore. C'est même presque devenu un jeu que de deviner leur job ou la cause de leur mort, juste en regardant leur dossier. Tenez, regardez. Une fois, j'ai eu une Carrie Oakey. D'après ce que m'on dit des membres de sa famille, elle bossait dans un petit théâtre pas connu et un peu miteux. À ses heures perdues, elle se mettait sur scène, et commençait à chanter. Elle essayait de toutes ses forces de percer. Et un jour, ça avait payé. Elle s'était faite remarquer. C'est d'ailleurs comme ça qu'elle s'est retrouvée devant moi, le corps froid et la gorge à nue. Hm. Un jour, le gérant avait craqué. Il en pouvait plus de l'entendre hurler comme un porc. Il parait que c'était horrible à écouter. La seule chose que je sais, c'est que ses cordes vocales étaient très belles ; elle savait juste pas les utiliser, comme beaucoup malheureusement. Pour le coup, même le karaoké, ça n'aurait pas été pour elle. Ah. Et puis y avait aussi ce mec là... Celui qui s'est fait rôtir... Comment c'était déjà son nom...Arf... je sais plus... Attendez... Ça va me revenir... B... Billy ? Bob ? Ah. Ça y est. Boris Hardmeat. Sa fin était dans son nom de famille. J'avais l'impression de récupérer une dinde de Thanksgiving. Sans poils, la chair cuite à point qui se décolle parfaitement de l'os. Bref. Un régal à cinq heures du matin. Hm ? Le secret professionnel ? Ah oui. Merde. Bon bah faite comme si vous aviez rien entendu, okay ? Merci, vous êtes mignons.
Mon prénom, je ne sais pas comment mes parents l'ont trouvé. La Grèce, ce n'était pas vraiment leur point de chute. Je ne sais même pas s'ils y ont été un jour ; et puis entre nous, ça m'est égal. Je l'aime bien, y a un petit côté exotique. Et puis dans la famille, on a tous des prénoms très... Originaux. Mes oncles et tantes ont commencé cette coutume étrange de nous donner des prénoms occidentaux, bien loin de leurs origines cyrilliques. Probablement, une envie d'échappatoire du joug russe et une volonté acerbe d'intégration totale dans la culture américaine. Après tout, c'est mon ricain de père qui a été cherché ma mère et sa sœur, là-bas, en Biélorussie. Fallait vouloir... M'enfin... Contrairement au commun du mortel, l'association de mon nom et de mon prénom correspondent à la perfection avec mon métier. Esteban, le couronné. Rothgrüber, le parfum de la terre creusée. Ça vous évoque quoi ? Hm ? Vous avez aucune idée ? Mon dieu... Mais c'est quoi votre degré universitaire ?! Je suis légiste. Vous savez, le mec qui s'occupe des cadavres dans les hôpitaux. Celui qui entaille votre chair froide, triture vos entrailles et essaie de savoir de quoi vous êtes réellement mort. À quelques points près bien entendu, que je suis aussi spécialisé dans autre chose... Mais ça pour le coup, je suis pas sûr de pouvoir vous en parler tout de suite. Pourquoi j'ai choisi ce job ? Ah... Je sais pas trop. Peut-être parce que j'en avais marre de voir des gens, hypocrites qui plus est. Et puis peut être aussi parce qu'avec tous les tordus que j'ai dans la famille, c'est ce qui est le plus pratique. Entre l'un qui fait dans le trafic d'armes et de drogues, l'autre qui se prostitue, et le dernier qui tue tout le monde... Je peux parfois leur sauver les miches. Et puis au moins, je suis sûr de savoir, même voir qui est mort, et ce, avant le cercle très restreint de la famille. Pas de quoi en être fier, certes, mais on fait ce qu'on peut. Je suis comme ça. Entouré de mon inox impeccable, je me perds dans les boyaux, les analyses sanguines et autres reconnaissances dentaires.

Dans ma famille, je suis l'aîné. Le premier fils à être né dans la famille Rothgrüber-Kovalevski. J'ai donc vu naître Phear, Leto et Ruben. Enfant -unique- voulut, né d'une union amoureuse sincère et profonde, je n'ai rien à regretter. J'ai tout eu, sans jamais rien demander. J'ai reçu tout l'amour d'une mère et la bienveillance d'un père. Oui. Vraiment rien à regretter. Parce qu'on peut presque dire que j'ai été le seul à avoir grandi dans un environnement « normal ». Non. À bien y réfléchir, je crois que j'ai été le seul à avoir vécu comme ça. Je ne m'en vante pas, parce que pour moi c'était... normal. Là où ma normalité paraissait merveilleuse pour Eux, leur anormalité sous-jacente me paraissait d'un autre monde. Pas même envisageable. Quand bien même je voyais les airs désavoués de mes parents, les visages dénués de sentiments des jumeaux, ou, encore, celui remplit de haine de mon cadet. Je vous le dis tout de suite : elle est jouasse, ma famiglia.
Vous savez, il y a cette vieille superstition chrétienne à propos du chiffre treize. Vous connaissez ? Celle qui prétend que ça porte malheur. Pas treize personnes à table. Le Vendredi treize porte-malheur. Ce genre de choses qu'on finit par avoir gravé au plus profond de notre ADN au fil des siècles. Et bien, l'année de mes treize ans, je m'en rappellerais toute ma vie. Parce que c'est à ce moment que Judas à décidé de pousser la porte d'entrée, à s'intéresser au fonctionnement du téléphone, à mettre dans les maisons ces bouteilles qui rendaient autrefois les soirées festives. Parce que c'est à ce moment-là que tout s'est effondré dans la famille. L'une de mes tantes est morte. La mère des jumeaux. Comme ça. Du jour au lendemain. Un rhume mal soigné, il paraît. C'est dommage, je l'aimais bien. Elle était vraiment jolie, avec ses yeux bleu-gris et sa voix ressemblait à celle d'une petit rossignol. Je me rappelle de ces longues journées où ma mère ne cessait de pleurer. Où mon père essayait de la consoler du mieux qu'il pouvait. Et où, ensemble, ils faisaient de leur mieux pour que mes cousins passent des étés dans une maison normale, avec une famille aimante et joyeuse. Parce que mes parents, démunis, s'acharnaient à leur montrer que la vie était belle, que des gens gentils pouvaient exister, et que leur existence illuminait le quotidien de n'importe quel homme (dans le cas où ils étaient civilisés... Hein.).
Du haut de mon âge « maudit », a travers mes yeux apathiques, rien ne m'échappait. Le regard peiné et rougit de ma mère, l'amertume de mon père, les bleus sur le corps de Phear, la peur de Leto, le courage de Ruben. Je les voyais, détaché de tout ça, sans trop vouloir comprendre ce qu'il se passait. Je n'essayais pas d'imaginer dans quel mur nous étions tous en train de foncer. Je savais juste que tout était en train de s'effondrer, pierre après pierre. Et qu'il ne serait plus jamais possible de retourner dans un passé où l'on se voilait continuellement la face. Par égard ou par volonté de ne pas ruiner les efforts futiles de mes parents, on ne m'avais rien expliqué. Rien à propos de l'alcoolisme de mes oncles. Rien à propos de leurs excès de violence. Rien à propos de leur souffrance ou de leur jalousie accrue. Que dalle. Mais je vous avouerais qu'à ce moment, je ne désirais pas savoir. Loin d'être hypocrite, je feignais l'ignorance sur la situation. Je ne voulais pas que mon équilibre fragile, mon environnement normal soit rompu. Égoïste ? Moi ? Disons plutôt que je refusais formellement qu'on lance un pavé dans la mare de mon quotidien paisible. Mais si vous voulez absolument appeler ça de l'égoïsme... Faite. Face à mes cousins ? Mon comportement ne changeait pas. D'un poil. J'avais toujours le petit Leto dans les pattes avec son regard curieux et tendre, et non loin de lui, le petit Ruben qui se demandait dans quel état ils allaient retrouver la maison. Le dernier, il était toujours là, dans l'un des coins de la chambre, presque amorphe, attendant que la journée se termine.

Vous pouvez penser ce que vous voulez de moi. Que je suis un bâtard sans cœur, ou même que j'avais raison de vouloir protéger mon nid. Le fait était là. J'étais impuissant face à la situation. Ma mère était impuissante face à la situation. Mon père, mes cousins étaient impuissants face à la situation. Le Monde était impuissant. Il n'y avait pas d'échappatoire. Il fallait vivre, traverser ce nuage d'emmerdes, s'en sortir, pour enfin voir la lumière. C'était notre Destin. Oui. Vous l'avez deviné. Je suis plutôt du genre à me laisser porter par la vague. Je me laisse volontiers dériver sur l'Océan de la Vie, sans jamais me mêler de ce qui ne me regarde pas. Mais j'avais treize ans. Qu'est-ce que vous vouliez que je fasse ?
Et puis c'est arrivé. L'impensable se produisit. Et là, ce fut la douche écossaise pour tout le monde. L'un de mes cousins, l'une des personnes que je considérais comme mon demi-frère, s'était retrouvé à l’hôpital. Pourquoi ? Pour avoir pris en main son Destin. Pour avoir tenté de nager à contre
courant. Ramené bien violemment sur terre, j'avais littéralement déchanté en le voyant allongé sur ce lit blanc, rattaché à de vulgaires tubes en plastiques, couvert de bleus, de pansements et autres bandages. Ignorant, insouciant, j'avais envie de lui hurler, de lui demander pourquoi il avait osé aller à l'encontre de la route tout tracée par le Destin ? J'étais à des kilomètres de savoir ce qui se passait derrière les murs de sa belle maison, au-delà de ce pneu qui servait de balançoire. Et lui, enfermé dans son mutisme, ne lâchait rien. Quelques fois, j'allais le voir. Enfin... Aller le voir.. C'était un grand mot. Je restais derrière la porte, à le regarder derrière un hublot aseptisé, lui, qui avait la meilleure thérapie qu'il aurait jamais pu avoir : une fille. Une belle rousse au regard malicieux et au sourire à vous donner le bon Dieu sans confession. Sa présence était bien plus nécessaire que la mienne. Aussi, je les surveillais, rassuré.
Est-ce que vous avez déjà été à la neige ? Oui ? Non ? Allez, n'hésitez pas à me répondre... Je ne vais pas vous piquer les miches avec un scalpel... Bref. L'effet boule de neige, c'est peut-être plus connu ? Oui ? À la bonne heure ! Donc, notre famille a vécue l'effet boule de neige, avec une troisième avalanche. Parce que comme dit une diction, « jamais deux, sans trois ». Bien loin de cette année de mes treize ans où tout avait ironiquement basculé, ma mère m'apprend par téléphone que les jumeaux ont disparu. Qu'on ne sait pas où ils sont partis, et que mon oncle était en train de péter littéralement une durite en gueulant comme un attardé dans une langue dont je ne reconnaissais que quelques mots. « Fils. Si jamais tu es en contact avec Ruben ou Leto, s'il te plaît. Dis-leur de venir à la maison. On s'occupera d'eux. D'accord ? ». J'avais juste lâché un « Hm », une nouvelle fois complètement détaché de la situation. En même temps, j'étais en train d'entamer ma dernière année de lycée et j'étais en plein entrain de chercher sur quelle spécialisation j'allais passer mes nuits blanches universitaires. Alors la fugue des jumeaux me passait un peu au-dessus de la tête. Sauf que. Les mois passaient et toujours pas de nouvelles d'eux. Ma mère avait même, de justesse, empêché mon oncle de mettre leur tête de chaton sur les briques de lait de la ville...

C'est donc dans un état perpétuel de stress, de diplomatie hypocrite et d'amertume, que j'étais entré à l'université. Pas une grande fac, non. Juste quelque chose de correct, à un prix abordable. Avec tout le bordel dans mon adolescence, j'avais pris une route tranquille, qui allait me mener à une vie tranquille, loin des engueulades, des pleurs, et de toute interaction sociale excessive. Sauf que. Une nouvelle fois, j'avais eu tort.. Il aurait fallu que je me sorte de cette désillusion naïve, que j'arrête de croire que je pouvais laisser ma barque dériver tranquillement, sans jamais prendre les rames. Décidément, c'est pas à moi qu'il faut demander les chiffres du loto.
Car oui. Même à la fac, j'allais vers les gens comme les vagues vont et viennent sur les plages ou les récifs. Veillant à ne jamais contredire ceux qui avaient la foi d'aller vers moi (là où je ne faisais aucun effort, je l'admets), je les suivais, à la grande inquiétude de ma mère. Parce que des fois, on se retrouvait dans des situations vraiment... Délicates... Pour ne pas dire extrêmement dangereuses. Le département de Science était prêt à tout pour nous faire relâcher la pression ; quitte à ce qu'on risque la vie d'autrui. Simplement parce qu'on allait devenir la future élite intellectuelle de Madison, certains se permettaient tout. Absolument tout. Personnellement, je ne suis pas arrivé à ce point. Jamais, je n'ai menacé la vie des autres ; du moins, pas tant qu'ils étaient encore bien vivants. Si je n'aimais pas sortir, préférant mettre le nez dans mes bouquins d'anatomie, j'étais parfois forcé et contraint. Bon. Peut-être pas à ce point-là... La plupart du temps, j'acceptais parce qu'on m'agitait sous le nez un livre rare ou régulièrement emprunté. Et tel un petit toutou, je suivais les délires étranges de mes camarades. Y a des moments, je me disais que ça allait vraiment trop loin. Mais dans ces moments, comme dans d'autres, je restais en retrait, un regard vague sur ce qu'il se passait, les lèvres posées sur un bâton de nicotine fumant, l'esprit ailleurs.
Sauf ce soir-là. Où ça avait dérapé. Je ne sais par quel moyen, ils avaient réussi à choper un evolve et il l'avait traîné dans un vieil hangar dans la périphérie de la ville. Groggy, le pauvre gars n'avait même pas eu le temps de comprendre ce qui lui était arrivé. Il pendouillait, là, attaché à l'armature en métal rouillé du bâtiment, abandonné à la curiosité morbide d'étudiants. Pour rien au monde, j'aurais souhaité être dans l'un ou l'autre camp. Souffrir ou faire souffrir, très peu pour moi. La petite histoire avait duré longtemps. Non pas parce qu'ils étaient plus que pris par ce qu'ils étaient en train de faire, mais plutôt parce que leur prisonnier s'avérait avoir une endurance plus longue que prévue. Repoussant sans cesse les limites du concevable, il fût un temps où l'evolve cessa de s'accrocher au mince espoir de vivre. Lorsqu'il avait compris que j'étais là seulement en tant qu'observateur et que je n'allais pas prendre part à cette boucherie, il me lança un dernier regard, à la frontière entre le dégoût et le soulagement. Et sa poitrine arrêta tout mouvement. Choc, prise de conscience, ou satisfaction de s'être débarrassé d'une raclure pareille, les réactions étaient variées. Les visages aussi, livides ou esquissant un vague sourire. Une belle ribambelle de dégénérés faisant face pour la première fois à la Mort. Cependant, leur réaction fut la même. Comme les couards qu'ils étaient, il l'abandonnèrent, proie facile de la chaîne alimentaire. Au final, au fond de moi, je le savais, que ça puait la merde. Et pourtant, alors que les autres fuyaient, je suis resté, m'approchant même -enfin- de lui. C'est peut-être de voir son corps immobile, de percevoir la chaleur le quitter peu à peu, qui m'a donné le dernier élan qui me manquait pour pousser la porte de la morgue. Sur les bancs de l'université, personne n'abordait le sujet. J'étais pas vraiment étonné. Une telle nouvelle pouvait avoir de sacrées conséquences sur les dossiers scolaires et les droits aux bourses. Et jamais, je n'avais confié que tous les jours, j'allais le voir se décomposer, notant dans un petit cahier tous ses changements d'état.
Une fois la théorie apprise, vient le temps de la pratique. La plupart de mes camarades exerçant leur internat, étaient « En-Haut », tandis que j'avais préféré la route d'« En-Bas ». Loin de tous les piaillements intempestifs et des regards de chiennes en chaleur des infirmières, des bourses de thèse et autres bourses de recherches, j'étais bien entouré de mes cadavres et de mon inox. Eux au moins, avaient beaucoup plus de choses intéressantes à m'apprendre que ceux qui se plaignaient de douleurs lombaires, dentaires ou encore qui venaient de se fracturer le crâne parce que, je cite, « J'ai trop bu et je me suis pris pour Spiderman... ». Non. Tous ces décérébrés... Je ne pouvais et ne pourrais jamais, oh grand jamais, les gérer. Je l'avais fait une fois de mon plein grès, en me jurant à la fin de mon service, que je ne recommencerais plus. Sauf que, cas de force majeur, et un petit attentat aussi, j'ai été réquisitionné à contre cœur pour assister les urgences... « En-Bas », j'échappais aux regards haineux, vicieux, envieux, de ceux avec qui j'avais fait mes classes. À la pression des supérieurs et des familles inquiètes. « En-Bas », j'étais juste entouré de frigos et de paperasse ; et ça m'allait très bien.

Thèse en poche, il fut question, un jour, de quitter la fac. Et ça, c'était une véritable... Torture ? Angoisse ? Quelque chose tournant plus autre de... La déception. La fin du cursus était arrivée trop vite. J'étais bien, moi, dans la B.U., avec son silence pesant et son ambiance d'étudiants angoissés. J'étais bien à faire mon internat tranquille, pépère. Mais la Société en décide autrement. La déception, ça doit vraiment être ça. Face à mon manque, flagrant cela va s'en dire, de motivation, mon directeur de thèse m'a soumis l'idée vaseuse de continuer dans la recherche. Ce à quoi, je me rappelle lui avoir demandé où allait mener la « recherche », si mes seuls cobayes étaient froids et muets. Sa réponse ? Un haussement d'épaule, avant qu'il ne se remette à travailler sur l'un de ses articles. Pas du tout convaincu, j'étais rentré chez moi, posé devant la télé, à changer les chaînes comme on cligne des yeux. Jusqu'à ce que je tombe sur un reportage. Pour la majorité tourné en caméra cachée, le sujet portait sur ces factions rebelles des métropoles, qui se rebellaient, notamment, contre le contrôle maladif des evolves. Intrigué, j'avais avalé toutes les informations que débitaient les intervenants, qu'ils soient dissidents, scientifiques, politiciens ou erasers. Je savais qu'un gros pourcentage nous vendait des informations déjà précuites, tandis que les autres tenaient des propos virulents pour attiser la haine latente planquée en chacun de nous. Le monteur du reportage avait choisi d'afficher à l'écran des mots-clés : « Dangereux », « Violents », « Contrôle », « Meurtres », « Puce », « Révolution » étaient ceux qui revenaient le plus. Mais c'est là que, dans ma petite tête, l'éclairage de l'intelligence s'alluma. S'il y avait des rebelles, il y avait forcément des moments où la situation dégénérait ; ce qui faisait qu'indéniablement, j'allais avoir du boulot dans n'importe quelle morgue de Madison. Et parmi eux, j'allais aussi avoir ces êtres aux capacités supérieures aux nôtres. Donc... J'allais pouvoir continuer de remplir ce petit carnet commencé lors de ma troisième année. Séduit par l'idée, j'avais recontacté l'hôpital où j'avais fait mon internat, qui fut tout de même soulagé de trouver quelqu'un de motivé et pas dégoûté par la profession. Au fil des mois, mes suppositions s'avéraient justes : de temps à autre, j'avais des evolves ; S'il y avait des rebelles, il y avait forcément des moments où la situation dégénérait ; Porté par l'engouement de mes constatations, et devant les résultats plus que probants, j'ai commencé à publier mes travaux ou réflexions. Qui à la longue, étaient bien reçus par la communauté scientifique. Je faisais ça, juste histoire d'occuper les longues journées où la pègre, les erasers, avaient décidés de faire une petite trêve. C'était pas bien difficile,
Je ne sais pas si ça faisait longtemps ou non que j'étais repéré par l'État, mais un beau jour, on me convoqua. Pas spécialement emballé par le courrier austère, j'avais quand même répondu présent. Ah... Qu'ils savent s'y prendre... Il m'ont présenté la chose assez savamment : matériel haut de gamme, des archives (dont certaines classées Top Secret) à perte de vue, rémunération plus que généreuse, et des corps. Beaucoup de corps. Tous disponibles au grand nom de la Recherche. Mon rôle ? Continuer ce que je savais faire le mieux : disséquer, faire des analyses, émettre des hypothèses pour faire avancer la Science, la conception que l'on avait de cette race en surnombre, et comment l'aider à mieux s'intégrer dans notre Société sans que cela ne soit dangereux pour eux. Aveuglé par l'aspect matériel de mon potentiel terrain de jeux. J'vous laisse imaginer ma réponse. J'ai naturellement dit « Je le veux ».
À la vie, et à nos morts.
Santé !
Pseudo × Pha.Ben.Ka
Âge × 24 ans
Comment t'as atterri ici × DC
Autre chose à ajouter × J'ai les cookies de Phear, ils sont encore tout chaud...
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wanted
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Sulkan Zaslavski
wanted
08.04.16 10:53
Sulkan Zaslavski
Rrrr rrr rrr ♥
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eraser
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Keith Colmer
eraser
13.04.16 9:13
Keith Colmer
Rebienvenue Phearounet <3
(On notera toute le crédibilité que ce surnom fait perdre)
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lost in the grey urban woods
avatar
Enoch Livingston
lost in the grey urban woods
13.04.16 9:41
Enoch Livingston
Bonjour Esteban & bienvenue de nouveau ~

Primo de chez primo, je suis raide dingue de ce tatouage dorsal. Une vraie beauté.
Ensuite, c'est toujours un plaisir de te lire ; même si ce personnage est clairement plus tempéré que Phear, même si tu as préféré pour le raconter la première personne à la deuxième, ton style n'en reste pas moins percutant, violent et joliment incisif, volontiers cynique mais non dénué de quelques images délicates. L'histoire se lit donc très bien, portée par ce rythme et ta connaissance du contexte qui en efface les potentielles erreurs. L'on sait d'où tu pars, l'on sait où tu vas, et cette cohérence à l'intérêt indéniable offre de surcroît une seconde perspective sur la vie de l'Innocent, point de vue que je trouve assez tendre.

Hum, j'ignore ce que je pourrais rajouter sans glisser vers des conceptions trop personnelles, sachant que les questions que tu laisses en suspens à propos de Ruben et Leto notamment seront sans doute réactivées lors de tes rps. Rps que je te souhaite nombreux, au vu de la bête que tu proposes !

Sur ces bons vœux, bon vent p'tit doré ~
Tu connais la maison ; n'oublie juste pas d'aller recenser ton avatar et tu pourras bientôt aller ouvrir des carcasses bleuies ♥ /présente un chaton habillé d'un pull jaune poussin/



:
 
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evolve studies
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Esteban Rothgrüber
evolve studies
13.04.16 9:48
Esteban Rothgrüber
Sulkan, vient ici que j'continue à te faire ronronner~

Keith, c'est beau comme surnom bisounours :')

Merci, merci et... MERCI. Pour Leto et Ruben... c'est un mystère huhu~ Peut-être qu'ils passeront par là, et peut-être qu'il se poseront ici~
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